Sciatique : d'où vient la douleur, combien de temps elle dure, et ce qui aide vraiment

Une douleur qui part de la fesse et descend dans la jambe, parfois jusqu'au pied. Vous cherchez la position qui soulage et vous ne la trouvez pas. Voici ce qui se passe, ce que disent les données, et comment je l'aborde en étiopathie.

Dos et nerfsPar Clélia Hamaissi, étiopathe à Joinville-le-PontPublié le Lecture 8 min

Personne se tenant le bas du dos à cause d'une douleur sciatique

L'essentiel

  • La sciatique est une douleur due à l'irritation d'une racine du nerf sciatique, au bas du dos. Elle descend le plus souvent sous le genou.
  • La cause la plus fréquente est une hernie discale qui appuie sur la racine et l'enflamme (Valat et al., 2010).
  • L'évolution est le plus souvent favorable : environ 6 personnes sur 10 vont mieux en 3 mois (Luijsterburg et al., 2008).
  • Rester actif aide. Le repos au lit prolongé est déconseillé (HAS, 2019).
  • Une perte de force dans la jambe, des troubles pour uriner ou une perte de sensibilité entre les cuisses imposent de consulter en urgence.

C'est quoi, une sciatique ?

Le nerf sciatique est le plus gros nerf du corps. Il naît au bas du dos, de plusieurs racines qui sortent de la colonne entre les dernières vertèbres lombaires et le sacrum. Ces racines se rejoignent dans la fesse, puis le nerf descend à l'arrière de la cuisse et se divise pour innerver la jambe et le pied.

On parle de sciatique quand l'une de ces racines est comprimée ou irritée à sa sortie de la colonne. La douleur ne se situe donc pas là où se trouve le problème : elle se projette sur tout le territoire que la racine dessert. C'est pour ça qu'une sciatique fait mal dans le mollet alors que tout se joue au niveau des lombaires.

Les signes typiques :

  • une douleur qui descend de la fesse vers la jambe, souvent sous le genou, d'un seul côté ;
  • une sensation de brûlure, de décharge électrique, de fourmillements ou d'engourdissement ;
  • une douleur qui augmente quand vous toussez, éternuez ou poussez ;
  • une douleur dans la jambe souvent plus forte que dans le dos.

La sciatique est fréquente. Selon la façon dont on la définit, les études estiment qu'elle touche de 1,2 à 43 % des adultes (Konstantinou et Dunn, 2008).

D'où vient la sciatique ?

Dans la majorité des cas, la racine est irritée par une hernie discale (Valat et al., 2010). Le disque intervertébral, l'amortisseur entre deux vertèbres, se fissure et une partie de son contenu déborde vers l'arrière. Elle appuie sur la racine, mais elle l'irrite aussi chimiquement : le contenu du disque déclenche une inflammation autour du nerf. C'est cette inflammation qui explique la douleur intense, même quand la hernie est petite.

Autres causes possibles :

  • un rétrécissement du canal ou du trou par lequel sort la racine (arthrose, épaississement des ligaments), plus fréquent après 50 ans ;
  • un glissement d'une vertèbre sur l'autre ;
  • plus rarement, une compression du nerf dans la fesse, au niveau du muscle piriforme.

La sciatique fait partie des motifs de consultation les plus fréquents au cabinet, avec le lumbago et les douleurs de nuque.

Une hernie discale visible à l'IRM n'explique pas tout : on en retrouve chez de nombreuses personnes qui n'ont aucune douleur (Brinjikji et al., 2015). C'est l'irritation de la racine, et ce qui l'entretient, qui compte.

Les différents types de sciatique

Selon la racine touchée, la douleur ne dessine pas le même trajet. C'est un des premiers indices que je recherche en consultation.

Trajets de la douleur selon la racine irritée Schéma de la colonne lombaire avec les racines L5, qui sort entre L4 et L5, et S1, qui sort entre L5 et le sacrum. L3L4L5Sacrum L5S1
  • Racine L5Fesse, face externe de la cuisse et de la jambe, dessus du pied, jusqu'au gros orteil.
  • Racine S1Fesse, arrière de la cuisse et du mollet, talon, plante du pied, jusqu'au petit orteil.
Les deux trajets les plus fréquents. La racine L5 est le plus souvent irritée par une hernie entre L4 et L5, la racine S1 par une hernie entre L5 et le sacrum.

La sciatique L5

Douleur sur le côté de la jambe, qui descend sur le dessus du pied vers le gros orteil. Souvent liée à une hernie entre la 4e et la 5e vertèbre lombaire.

La sciatique S1

Douleur à l'arrière de la jambe, jusqu'au talon et sous le pied, vers le petit orteil. Souvent liée à une hernie entre la dernière lombaire et le sacrum.

La sciatique du canal étroit

Plus fréquente après 50 ans. Les jambes deviennent lourdes ou douloureuses à la marche, et la douleur se calme quand vous vous asseyez ou vous penchez en avant.

La fausse sciatique

Une douleur projetée depuis une articulation du bas du dos ou du bassin. Elle descend dans la fesse ou la cuisse mais s'arrête en général au-dessus du genou, sans fourmillements dans le pied.

La sciatique de la fesse

Le nerf est irrité plus bas, à son passage sous un muscle de la fesse, le piriforme. La douleur est surtout fessière et augmente en position assise prolongée.

Pendant la grossesse

Le poids du ventre et le relâchement des ligaments sollicitent le bas du dos et le bassin. Beaucoup de douleurs prises pour une sciatique sont en fait des douleurs du bassin, qui se prennent en charge différemment.

Combien de temps dure une sciatique ?

C'est la question qu'on me pose le plus. La réponse est plutôt rassurante : dans la majorité des cas, la douleur diminue nettement en quelques semaines à quelques mois.

Part des personnes qui se sentent nettement mieux

Évolution d'une sciatique sans traitement spécialisé 32 % des personnes se sentent nettement mieux à 3 semaines, 44 % à 6 semaines et 62 % à 12 semaines. 0 %25 %50 %75 % 3 semaines : 32 % 6 semaines : 44 % 12 semaines : 62 % 32 %44 %62 % 3 semaines6 semaines12 semaines
Personnes suivies par leur médecin généraliste pour une sciatique (Luijsterburg et al., 2008).

Deux autres repères :

  • Une hernie discale se résorbe d'elle-même dans environ deux cas sur trois : le corps nettoie progressivement le fragment qui déborde (Zhong et al., 2017).
  • Une partie des personnes garde des douleurs plus longtemps : un an après, un peu plus de la moitié a nettement progressé, les autres gardent une gêne plus ou moins marquée (Konstantinou et al., 2018).

La question n'est donc pas seulement « est-ce que ça va passer ? » mais aussi « pourquoi est-ce que ça ne passe pas, ou pourquoi ça revient ? ». C'est là que l'étiopathie intervient.

Le mécanisme vu par l'étiopathie

En étiopathie, on part d'un principe simple : la douleur est le signal, pas la cause. Dans une sciatique, le signal se manifeste dans la jambe, mais le problème se trouve à l'origine du nerf, là où la racine sort de la colonne.

Une cause mécanique à l'origine

Pour qu'une racine soit irritée, il faut qu'une contrainte mécanique s'exerce sur elle : un disque qui déborde, un espace de sortie qui se réduit, une vertèbre ou une articulation du bassin qui a perdu sa mobilité et modifie les pressions sur le disque. Tant que cette contrainte reste en place, l'inflammation autour de la racine est entretenue, et la douleur persiste ou revient.

Des systèmes qui n'arrivent plus à s'adapter

Votre bas du dos ne fonctionne pas seul. Les vertèbres lombaires, le bassin, les hanches, mais aussi les viscères du ventre et la circulation de la région forment un ensemble qui s'ajuste en permanence. Tant que ces systèmes s'adaptent les uns aux autres, une contrainte passe inaperçue. Quand l'un d'eux se dérègle et que l'ensemble n'arrive plus à suivre, la pression se concentre sur un point fragile, souvent un disque, et la racine finit par s'irriter.

C'est pour ça que deux sciatiques qui se ressemblent n'ont pas forcément la même origine, et pourquoi traiter seulement la jambe ou masser la fesse soulage sans toujours régler le problème.

Ce que je cherche

Mon travail consiste à remonter le fil : quelle structure a perdu sa mobilité, depuis quand, et comment elle a conduit à l'irritation de la racine. C'est ce raisonnement qui guide ensuite le traitement, pas le simple endroit où vous avez mal.

Comment se passe une consultation pour une sciatique

Le déroulé suit les mêmes étapes que toute première séance au cabinet, avec un examen centré sur le dos, le bassin et la jambe.

Clélia Hamaissi, étiopathe, examine un patient dans son cabinet de Joinville-le-Pont
  1. On échange. Où vous avez mal, depuis quand, ce qui a déclenché la douleur, ce qui l'aggrave ou la soulage, la toux, la position assise, la nuit. Vos antécédents comptent aussi : chutes, grossesses, opérations, troubles digestifs.
  2. J'examine. Des tests cliniques pour identifier la racine en cause, vérifier la force, les réflexes et la sensibilité de la jambe, et écarter ce qui ne relève pas de l'étiopathie. Si un avis médical ou une imagerie est nécessaire, je vous le dis et je vous oriente.
  3. Je traite, avec des gestes précis, doux et adaptés. Sur une racine irritée, on ne force pas. Je travaille sur les structures qui entretiennent la contrainte : vertèbres lombaires, bassin, sacrum, hanche, et si besoin la sphère viscérale. Les gestes sont ajustés à votre douleur du jour : en phase aiguë, uniquement des techniques très douces, dans des positions confortables pour vous.
  4. Je vous explique et on fait un plan. Ce qui se passe dans votre dos, ce qui peut être ressenti les jours suivants, les bons gestes au quotidien, et quand refaire le point.

Combien de séances, et en combien de temps ?

Sur une sciatique récente, on fait généralement le point après une à deux séances espacées d'une à deux semaines. Une amélioration s'observe le plus souvent dans les jours qui suivent, puis se confirme sur quelques semaines, au rythme de la désinflammation de la racine. Une sciatique ancienne ou récidivante demande en général un peu plus de temps. Les tarifs et l'accès au cabinet sont détaillés sur la page d'accueil. Sans amélioration nette après deux ou trois séances, je vous réoriente vers votre médecin.

Les recommandations internationales placent les techniques manuelles en complément d'une remise en mouvement et d'exercices, pas à leur place (NICE, 2016).

Ce que vous pouvez faire en attendant

  • Restez actif autant que la douleur le permet. Marcher un peu plusieurs fois par jour vaut mieux que rester allongé. Le repos au lit prolongé ralentit la récupération (HAS, 2019).
  • Changez souvent de position. Évitez de rester assis longtemps d'affilée, levez-vous toutes les 30 à 45 minutes.
  • Cherchez la position qui soulage pour dormir, par exemple sur le côté, un coussin entre les genoux.
  • Parlez à votre médecin ou pharmacien pour un traitement contre la douleur adapté à votre situation.
  • Évitez de porter lourd et les torsions du tronc tant que la douleur est vive.

Quand consulter en urgence

Certains signes indiquent une compression importante des nerfs et nécessitent d'appeler le 15 ou de vous rendre aux urgences, sans attendre :

  • une perte de force dans la jambe ou le pied : le pied qui tombe, impossible de marcher sur les talons ou sur la pointe ;
  • des troubles pour uriner ou aller à la selle : impossibilité d'uriner, fuites ;
  • une perte de sensibilité entre les cuisses, au niveau des parties génitales ou de l'anus ;
  • une douleur insupportable que rien ne calme, ou des douleurs dans les deux jambes à la fois ;
  • une sciatique accompagnée de fièvre, d'une perte de poids inexpliquée, ou après une chute importante.

Questions fréquentes

Combien de temps dure une sciatique ?
Le plus souvent, la douleur diminue nettement en quelques semaines : environ 6 personnes sur 10 vont mieux au bout de 3 mois (Luijsterburg et al., 2008). Une partie garde une gêne plus longtemps, surtout quand la cause mécanique n'est pas traitée.
Faut-il faire une IRM pour une sciatique ?
Pas systématiquement. L'imagerie est utile en cas de signes d'alerte, de déficit neurologique, ou si une intervention est envisagée. Dans les autres cas, elle ne change généralement pas la prise en charge (NICE, 2016).
Faut-il rester allongé quand on a une sciatique ?
Non. Le repos au lit prolongé est déconseillé. Restez actif autant que la douleur le permet, en adaptant vos activités (HAS, 2019).
Peut-on consulter un étiopathe pendant une sciatique aiguë ?
Oui. Les techniques sont adaptées à la phase aiguë : gestes très doux, sans forcer sur une racine irritée. L'examen permet aussi de repérer un signe qui demanderait un avis médical rapide.
Une sciatique peut-elle revenir ?
Oui, c'est fréquent. Une sciatique qui revient indique souvent que la contrainte mécanique à l'origine est toujours présente. C'est précisément ce que l'étiopathie cherche à identifier et à traiter.
Je suis enceinte et j'ai mal dans la fesse et la jambe. C'est une sciatique ?
Pas toujours. Pendant la grossesse, beaucoup de douleurs qui descendent dans la fesse viennent du bassin plutôt que d'une racine nerveuse. L'examen fait la différence, et la prise en charge s'adapte à chaque trimestre.

Vous avez une sciatique ?

Je vous reçois au cabinet du 49 rue de Paris, à Joinville-le-Pont, à 7 minutes à pied du RER A. On cherche ensemble d'où vient la douleur.

Clélia Hamaissi, étiopathe

Diplômée de la Faculté Libre d'Étiopathie de Paris (cursus de 6 ans), je reçois adultes, sportifs, femmes enceintes, enfants et nourrissons dans mon cabinet du 49 rue de Paris, à Joinville-le-Pont. Découvrir le cabinet.

Sources

  1. Brinjikji W et al. (2015). Systematic literature review of imaging features of spinal degeneration in asymptomatic populations. American Journal of Neuroradiology.
  2. Haute Autorité de Santé (2019). Prise en charge du patient présentant une lombalgie commune.
  3. Konstantinou K, Dunn KM (2008). Sciatica: review of epidemiological studies and prevalence estimates. Spine.
  4. Konstantinou K et al. (2018). Prognosis of sciatica and back-related leg pain in primary care: the ATLAS cohort. The Spine Journal.
  5. Luijsterburg PA et al. (2008). Physical therapy plus general practitioners' care versus general practitioners' care alone for sciatica. European Spine Journal.
  6. NICE (2016). Low back pain and sciatica in over 16s: assessment and management (NG59).
  7. Valat JP et al. (2010). Sciatica. Best Practice & Research Clinical Rheumatology.
  8. Zhong M et al. (2017). Incidence of spontaneous resorption of lumbar disc herniation: a meta-analysis. Pain Physician.

Cet article informe et ne remplace pas un avis médical. Photo de couverture : Sasun Bughdaryan, Unsplash.

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